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Correction

Bon travail. Bon choix d’articles ; vos commentaires auraient pu souligner davantage les intrications entre les régimes politiques/techniques/scientifiques/sociaux. La part de résumé de l’article est trop importante par rapport à celle de vos réflexions.

Dans l’exercice 1, vous décrivez bien les conditions de production de l’énoncé, mais il ne semble pas suivre d’évolution, puisqu’on n’a ni chaînage (la chaîne d’articles qui amène à cette production d’énoncé), ni mise en bulles (la confrontation locuteurs-interlocuteurs qui fait évoluer l’énoncé).

Exercice 2 bien traité.

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Fiction : WALL-E !

Après avoir regardé pour la première fois Wall-E, dont j’entendais si souvent parler, j’ai décidé de consacrer ce commentaire à la merveille d’animation qu’est ce film d’Andrew Stanton, produit par les studios Disney Pixar et sorti en juillet 2008.
Qui est Wall-E ? Un petit robot dont la mission est de nettoyer la Terre, honteusement négligée et couverte de déchets par les hommes. Engagé pour l’environnement, mais aussi l’humanité, ce film traite avec beaucoup d’espoir de la perspective d’un futur pour une Terre polluée. Dans ce futur anticipé, 700 années ont passé et les hommes sont devenus incapables de marcher et rendus complètement obèses par l’utilisation d’un fauteuil volant qui rend inutile toute activité physique. L’informatique est leur seul moyen de communication  et ils vivent chacun sur un vaisseau spatial, bijou de technologie, cessant toute communication physique ou orale avec autrui.
Un paradoxe étonnant mais qui passe sans aucune opposition apparaît alors : dans tout ce monde technologique et futuriste, c’est Wall-E qui paraît finalement le plus humain, tandis que les hommes ont un comportement mécanique. C’est ce petit robot attachant qui va les sortir de l’ombre dans laquelle ils vivent misérablement sans s’en rendre compte et leur réapprendre ce qu’est l’humanité. La relation homme/machine devient une relation harmonieuse. C’est sur cette note poétique que je conclus ici ce blog. 

Fessenheim Centrale nucléaire – Les employés prêts à défendre leur outil de travail

publié le 21 janvier 2011 sur http://www.dna.fr

« Après avoir laissé le champ libre aux antinucléaires, les employés de la centrale nucléaire de Fessenheim veulent reprendre la main. Et peser dans les choix politiques en dépassionnant le débat et en s’appuyant sur des arguments techniques.

Sujet abondamment commenté depuis les incidents de Fukushima et appelé à devenir un thème important dans la campagne présidentielle, la question de l’avenir du parc nucléaire français en général, et de sa doyenne en particulier, interpelle les employés d’EDF à Fessenheim. L’intersyndicale (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC) compte bien passer à l’offensive dès janvier pour peser dans la campagne présidentielle et éviter un « gâchis économique ».

La commission de communication du comité d’établissement rappelle que 900 agents (700 salariés d’EDF et 200 prestataires) dépendent directement de la centrale nucléaire tandis que les emplois indirects sont estimés à plus de 2 000. « On dénombre chaque année plus de 50 millions d’euros de taxes qui alimentent la vie communale et associative ainsi que des millions d’euros de travaux injectés dans le Grand Est, insiste Bernard Dodin (CFDT). La centrale fait vivre beaucoup de monde. Et derrière elle, il y a tout un tissu industriel qui pourrait être impacté. »

Éviter une prise en otage du politique

La validation de la tranche 1 par l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) à l’issue de la troisième visite décennale a conforté les employés dans leur sentiment de travailler dans un lieu sûr. « La sécurité est assurée en permanence, aujourd’hui plus que jamais. La centrale est peut-être la plus vieille de France, mais l’intérieur est refait à neuf. Les seuls chantiers recommandés (renforcer le radier notamment, ndlr) ne touchent pas directement la machine », clament les représentants syndicaux. « Ce serait un crime socialement et économiquement que de la fermer alors que son fonctionnement a été autorisé par des organismes indépendants. »

Les récents accords PS-EELV, qui visent une sortie progressive du nucléaire, ou la déclaration du ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, dans laquelle elle évoque la fermeture de Fessenheim comme une éventualité, ont poussé l’intersyndicale à sortir de sa réserve. Dans un contexte particulier, à cinq mois de l’élection présidentielle, la crainte d’une prise en otage par le politique est réelle alors que les arguments techniques « justifient une poursuite de l’activité. Au-delà des lobbies politiques, c’est l’ASN qui est la seule compétente pour déterminer l’avenir de la centrale. Mais on parle plus de politique que de technique, d’économie et de croissance », déplore Sylvain Bouillot (CFE-CGC).

Solliciter des entretiens avec les candidats à la présidentielle

« Si on veut produire français, il faudra de l’énergie, poursuit Martin Kupfer (CFE-CGC). Se couper de l’énergie nucléaire, dont le coût est peu élevé, c’est mettre à mal l’économie du pays. Il faut que les ambitions soient en adéquation avec les moyens. Nous n’avons rien contre les autres énergies mais le développement d’une filière comme le photovoltaïque ne s’improvise pas. » Les syndicats pointent également du doigt le coût d’un démantèlement et les déchets que produirait une telle entreprise.

Pour faire entendre leur voix, les salariés d’EDF ont lancé une pétition (à voir sur le blog avenirfessenheim.org ) qui a déjà recueilli 3 000 signatures. Des campagnes d’affichage, des débats publics, de la pédagogie autour de la facture d’électricité seront d’autres moyens employés en 2012 pour valoriser l’outil de production. L’intersyndicale espère également organiser des rencontres avec les candidats à l’élection présidentielle afin de présenter ses arguments pour une poursuite de l’activité nucléaire à Fessenheim. Car si la possible fermeture de la centrale alimente les conversations, le personnel n’envisage pas que les effets d’annonce puissent se transformer en actes concrets. »

 

Commentaire : Cet article met l’accent sur les besoins créés par l’innovation et le progrès technique, en prenant comme illustration l’histoire d’une centrale nucléaire en plein débat, celui de sa fermeture ou la continuité de son action. D’un côté, les pro-environnement qui voient à toute fermeture une nouvelle victoire dans leur politique pour la défense absolue de l’environnement envers et contre tout. Cependant, l’apparation du nucléaire a, en plus de la création de nouvelles énergies, créé également de nouveaux postes. Ceux-ci ont ainsi permis l’apparition d’une nouvelle branche de travailleurs, pro-environnement ou pas, mais satisfaits de faire partie désormais de la population active. La fermeture d’une centrale détruirait ainsi de nombreux postes et par delà l’aspect environnemental et technique d’une telle fermeture, ou retrouve l’impact politique qu’elle pourrait avoir car les travailleurs ne sont désormais prêt qu’à une chose : s’investir politiquement parlant afin de faire entendre leurs voix.

Restauration: Une loi pour savoir ce qu’il y a vraiment dans votre assiette

publié le 20 décembre sur 20minutes.fr

 

« GASTRONOMIE – Le Sénat examine ce mardi un texte de loi proposant d’informer le consommateur sur le mode de confection des plats vendus par un établissement de restauration…

Un amendement du projet de loi sur la protection et l’information des consommateurs, adopté par l’Assemblée nationale et débattu ce mardi au Sénat, prévoit d’indiquer, pour chaque établissement proposant de la restauration, les modalités de préparation des plats proposés par l’établissement.

Contacté par 20 Minutes, Fernand Siré, député (UMP) de Pyrénées-Orientales, petit-fils, fils et frère de restaurateur à l’origine de l’amendement, apporte son éclairage sur cette proposition.

Quel objectif?

L’information du consommateur. «Jusqu’ici, on vous présente un menu sans vous dire quelle est la qualité des produits ou s’ils ont été préparés dans l’établissement», regrette Fernand Siré. Avec cette loi, il s’agit d’offrir une information claire au consommateur, qui lui permettrait de savoir comment a été élaborée la nourriture qui lui est vendue et de faire la différence entre un établissement qui cuisine réellement ses plats et un restaurateur qui se contente de réchauffer des aliments déjà préparés. «Ce texte touchera l’ensemble des professionnels de la restauration», souligne le député: selon lui, la profession de restaurateur «s’est élargie»: «il y a les traiteurs, les restaurateurs professionnels, les auto-entrepreneurs, les supermarchés, etc.  Il faut éclairer le consommateur et défendre une certaine qualité de la profession», estime-t-il.

Sur quels critères déclarer qu’un plat est fait maison?

C’est à débattre. Certains représentants de restaurateurs se sont inquiétés des modalités pratiques de cet amendement, avançant notamment qu’un plat pouvait être élaboré en cuisine et servi accompagné de produits industriels. «Les modalités pratiques seront définies par la profession et le gouvernement», indique Fernand Siré. Pour lui, il faudra trouver un «compromis. A partir de 60 ou 80% du plat préparé par l’établissement, on pourrait dire que ce plat a bel et bien été élaboré par le restaurateur», juge-t-il. Le député rappelle l’existence du «titre de maître restaurateur, dont on pourra s’inspirer», tout en estimant qu’il «n’y aura pas un seul système». Mais dans le détail, les modalités restent, effectivement, à définir.

Comment pourra-t-on distinguer un «bon» établissement d’un «mauvais»?

Sans doute avec un label. Juger qu’un restaurant ne se contente pas de réchauffer des plats cuisinés, c’est bien, encore faut-il l’indiquer au client. «On pourrait penser à un label affiché sur la carte ou sur l’établissement», avance Fernand Siré. Quant à ceux qui ne mériteraient pas ce label… «Ils continueront à vendre leurs produits», se contente de dire le député, ajoutant que la possession ou non du label «pourra justifier d’une différence de prix: le label qualité affiché par tel restaurateur expliquera le prix, peut-être plus élevé, qu’il pratique.» « 

 

Commentaire : Bien qu’il ne s’agisse pas de science à proprement parler mais plutôt de mesures sanitaires, on peut voir ici comme une mesure politique pourrait influencer les comportements humains. Dans cet article, une loi est envisagée afin d’indiquer pour chaque restaurant ou lieu fournissant de la nourriture d’où vient cette nourriture ou si elle est le fruit soit d’une confection artisanale, soit industrielle. En tant que client, il peut être tout à fait bénéfique et rassurant d’être informé de l’origine de ce que l’on mange. Cependant, les restaurants ne possédant pas le fameux « label » de bons restaurants peuvent s’inquiéter quand à leur clientèle et peuvent même être découragés par une telle politique favorisant l’excellence aux dépens parfois de la simplicité. Les humains vont en effet adapter leur comportement à cette nouvelle politique et vont ainsi suivre ce que dictent les labels, délaissant des restaurants jugés trop peu appliqués ou pas assez artisanaux alors qu’ils les fréquentaient depuis des années en en étant satisfaits. Il s’agit ici d’une sortie de dictature de l’information, bien que celle-ci semble être à la faveur de la santé du client. Elle peut également encourager des services de restauration à s’investir plus en matière de qualité, et ainsi augmenter le niveau de qualité moyen de la restauration.

Grippe aviaire: un responsable sanitaire américain rejette l’accusation de censure

publié le 22 décembre 2011

« WASHINGTON — Le directeur de l’Institut national américain des maladies infectieuses (NIAID), Anthony Fauci, a rejeté mercredi des accusations de censure suscitées par des recommandations sans précédent du Bureau de la bio-sécurité de ne pas publier certaines parties de travaux sur un virus dangereux de la grippe aviaire.

« Il ne s’agit absolument pas de censure puisqu’un chercheur légitime désirant par exemple développer un vaccin ou travaillant pour l’Institut Pasteur obtiendra ces informations », a affirmé dans un entretien avec l’AFP, le Dr Fauci, patron du NIAID qui a financé les études en question.

Cette controverse s’est amplifiée mardi après la confirmation officielle que le Bureau national américain de la science pour la bio sécurité (NSABB) a recommandé, à l’unanimité de ses 23 membres (BIEN 23), que les deux principales revues scientifiques mondiales, l’américaine Science et britannique Nature, ne dévoilent pas certains détails de ces travaux sur la manière de rendre le virus H5N1 aisément transmissible entre des furets et potentiellement entre humains.

Ces experts indépendants ont avancé « le risque de menace extrêmement grave pour la santé publique mondiale » si certaines informations tombaient dans de mauvaises mains.

L’équipe dirigée par le Pr Ron Fouchier au centre médical Erasmus de Rotterdam avait annoncé en septembre avoir créé un virus mutant H5N1 potentiellement capable, pour la première fois, de se transmettre facilement entre des mammifères.

D’autres chercheurs de l’Université du Wisconsin (nord) ont mené une recherche parallèle et sont parvenus à des résultats similaires, a indiqué le Dr Fauci.

Science, qui doit en principe publier l’étude de Ron Fouchier, et Nature celle de l’Université du Wisconsin, ont indiqué mardi prendre en compte les recommandations du NSABB et réfléchir à la manière la plus adéquate de procéder.

Ces restrictions ont notamment été critiquées en Europe. Si pour de « fallacieuses inquiétudes sur le risque de terrorisme, de petits groupes autodésignés commencent à censurer, cela entachera toute la communication scientifique », a estimé le Dr John Oxford de la London Queen Mary’s School of Medicine.

« De nombreux scientifiques ne sont pas d’accord avec le comité du NSABB », a reconnu le Dr Fauci. « Il faut donc ré-examiner la raison de cette décision de manière à ce qu’on puisse tous d’une façon transparente parvenir à élaborer des directives concrètes sur ce qui doit être pris en considération dans ce type de recherche », a-t-il ajouté.

Le patron du NIAID a expliqué que de telles procédures ou des « critères d’accès » à des informations sensibles, ne concernaient que les recherches aux applications dites « doubles » ayant à la fois une utilité pour le bien public et pouvant aussi être détournées à des fins criminelles.

Ainsi, « 99,9% de tous les travaux scientifiques ne sont pas concernés », a assuré le Dr Fauci qui a aussi minimisé la dangerosité de ce virus créés dans ces laboratoires.

Ces recherches montrent qu' »il est possible de rendre le virus H5N1 aisément transmissible entre des furets ce qui ne veut pas dire que ce soit le cas entre humains » comme cela a été rapporté dans des médias, a relevé ce virologue.

« Dire ainsi qu’ils ont créé un virus monstre est exagéré », selon lui.

S’il était si facile de créer un tel pathogène, « comment expliquer que la nature n’y soit pas parvenue elle-même depuis qu’il est apparu en Asie il y a 17 ans? », a-t-il insisté.

Par ailleurs, Paul Keim, président du comité des experts au Bureau de la bio-sécurité, a expliqué à l’AFP que « le comité était très inquiet de la manière dont ces recommandations seraient perçues dans le monde » et plaidé « pour un effort international et le besoin d’un consensus mondial » pour empêcher la production d' »une telle arme biologique dangereuse qui serait incontrôlable ». »

 

Commentaire : Un autre problème de la science est illustré à travers cet article : le problème de la transparence. On se plaint de la diffusion abusive de Facebook et de Wikileaks (cf. dans mes articles précédents), mais on blâme également la censure et la tenue secrète de certaines informations, laissant le sentiment d’être « bernés ». C’est ici la question posée lorsque l’on aborde les recherches effectuées à propos du virus H5N1 de la grippe aviaire. Le problème en lui-même semble venir de l’acteur « responsable sanitaire », accusé de censurer certaines informations concernant ces fameuses recherches. Deux points de vue s’affrontent. Celui de la dimension secrète que doivent avoir certaines informations, afin d’éviter toute dérive de publications qui pourraient tomber entre de mauvaises mains et porter la science et la santé à leur perte, au risque de faire obstacle à la bonne communication nécessaire à l’avancée des recherches et à l’efficacité de la coordination. De l’autre côté, celui qui prône la transparence totale des informations pour un meilleur travail commun des chercheurs et une confiance absolue entre ceux-ci, au risque que les informations soient divulguées et que la science connaisse des abus qui pourraient être fatals. Un débat scientifique comme politique qui pose la problématique suivante : faut-il mener une politique de transparence ou de cachotteries ? Imprudence ou inefficacité ? 

Interdiction du bisphénol A : le combat n’est pas encore gagné

publié le 15 décembre 2011 dans le Nouvelobs

« LE PLUS. Boire de l’eau au goulot d’une bouteille en plastique : un geste qui vous paraît anodin. Pourtant, ce peut être dangereux pour votre santé. Le plastique contient en effet du bisphénol A, un perturbateur endocrinien nocif. Son interdiction vient tout juste d’être votée alors que les risques étaient connus depuis de nombreuses années. Une aberration, comme l’explique Coline Letourmy, ingénieur en nutrition.

En octobre de cette année, une loi a été votée interdisant la fabrication et la commercialisation de contenants alimentaires composés de bisphénol A. Bien que les dangers pour la santé du bisphénol A sont connus depuis les années 90, le principe de précaution semble avoir été ignoré par les agences de sécurité sanitaire pendant toutes ces années. Cette aberration n’est pas sans évoquer le scandale de l’amiante : les dangers liés à l’amiante étaient connus depuis des années, mais combien de temps pour parvenir à son interdiction ?

Petite définition du bisphénol A

Le bisphénol A, de son petit nom BPA et de nom scientifique 2,2-bis(4-hydroxypényl)propane, est un contaminant alimentaire, c’est-à-dire une substance présente dans certains emballages capable de migrer et de contaminer la denrée alimentaire, ce phénomène étant accentué par le chauffage. C’est une substance chimique de synthèse, utilisée depuis plus de 50 ans dans la fabrication de plastiques de type polycarbonate et celles de résines époxydes.

En clair, on en trouve dans des bouteilles en plastiques réutilisables, les gobelets, les ustensiles de cuisine jetables, les récipients pour conserver les aliments, les canettes, boîtes de conserves, les lunettes de soleil, appareils photos, équipements médicaux…

Le BPA permet de rendre le plastique incassable et résistant à des températures comprises entre 40 et 145°C. C’est pour cette raison que la production mondiale de 2006 est estimée à 3.8 millions de tonnes.

En quoi le BPA est-il dangereux ?

Le BPA est un perturbateur endocrinien, c’est-à-dire une molécule interférant avec le système hormonal et donc ayant des effets nocifs sur la santé. Ces effets nocifs sont connus depuis 1996, et ce à des doses 25.000 fois inférieures DJT (dose journalière tolérable), avec les travaux de Frederick Vom Saal, dans une étude parue dans le journal « Toxicology and Industrial Health ».

En 2005, une analyse référençant les 115 études étudiant les effets de faibles doses de BPA sur les animaux a été publiée. Les résultats sont édifiants. Plus de 80% des études montrent des effets négatifs du BPA à faibles doses : altération du système reproducteur des rongeurs et des glandes mammaires des femelles, neurotoxicité, perturbation du système immunitaire, changement du comportement socio-sexuel des animaux, puberté avancée chez les femelles,…

Ces nombreux effets apparaissent après l’exposition fœtale ou néonatale et perdurent pendant le reste de la vie des animaux.

Pourquoi une interdiction si tardive ?

Face à de tels risques, on est alors en mesure de se poser LA question : pourquoi le BPA n’a-t-il donc pas été interdit ?

Tout simplement parce qu’il existe des études, principalement commanditées par l’industrie, démontrant l’innocuité du BPA. Cependant, ces études sont rejetées par les endocrinologues qui les estiment biaisées. En effet, les tests utilisés dans ces études sont des tests standardisés datant des années 50 dont l’application ne convient pas aux perturbateurs endocriniens. Mais comme des tests sont utilisés depuis longtemps, ils sont considérés comme plus fiables par les agences de sécurité sanitaire… même si les résultats sont biaisés.

C’est ainsi que les agences de sécurité sanitaire ont conclu durant des années sur l’innocuité du BPA.

L’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) a ainsi fixé en 2006 une DJT (Dose Journalière Tolérable) à hauteur de 0.05mg/kg de poids corporel/jour. La DJT est l’estimation de la quantité d’une substance, exprimée par rapport au poids corporel, qui peut être ingérée quotidiennement pendant toute la durée d’une vie sans risque notable pour la santé.

Suite à l’interdiction au Canada des biberons en plastiques contenant du BPA, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a été saisie afin d’évaluer les risques liés à la migration de BPA contenus dans les biberons en particulier lors du chauffage au micro-ondes. Elle conclut que « les quantités de bisphénol A transférable à l’aliment sont très faibles et restent très inférieures à la valeur maximale de migration retenue par l’EFSA ».

Des tentatives d’apaisement qui s’effondrent

Durant l’année 2010, suite à une polémique grandissante, l’Afssa a tenté à plusieurs reprises de rassurer sur les risques liés au BPA mais revient progressivement sur son avis.

En janvier 2010, l’agence reconnaît pour la première fois des signaux d’alertes suite à la parution d’une nouvelle étude. Des effets subtils ont été observés en particulier sur le comportement de jeunes rats après une exposition in utero et pendant les premiers mois de vie, et ce, à des doses inférieures aux doses sans effet. Toutefois, négligeant le principe de précaution, l’agence conclut juste que d’autres études doivent être menées, en particulier afin d’observer les effets du BPA chez l’homme.

Dans un point d’actualité d’avril 2010, l’Anses affirme que le niveau moyen d’exposition de 1 μg/kg poids corporel/jour est 50 à 100 fois inférieur à la valeur toxicologique de référence (DJT) et considère donc qu’il n’y a pas de raison de modifier les habitudes alimentaires. Cependant, elle préconise un étiquetage systématique sur les récipients et ustensiles ménagers « afin de leur [les consommateurs] permettre d’éviter de les chauffer excessivement pendant trop longtemps et protéger les plus sensibles ». Une réévaluation de la LMS (Limite de Migration Spécifique) fixée par l’EFSA est également recommandée « en s’alignant sur les meilleures technologies actuellement disponibles ». L’agence invite également les industriels à se mobiliser pour trouver des substituts au BPA à usage alimentaire afin de diminuer le niveau d‘exposition de la population.

En juin 2010, la France interdit enfin la fabrication et la commercialisation des biberons contenant du BPA.

Il faudra cependant attendre octobre 2011 pour une loi interdisant le bisphénol A dans tous les contenants alimentaires à partir de 2014 et de 2013 pour les contenants alimentaires de produits destinés aux enfants de moins de 3 ans. Cette interdiction fait suite à un rapport de l’Anses de septembre dernier reconnaissant finalement les effets du BPA sur la santé même à faibles doses.

Il aura donc fallu 15 ans pour parvenir à une interdiction d’une molécule dont les dangers étaient déjà connus.

Mais le combat n’est pas encore gagné : l’EFSA saisi par la Commission Européenne suite aux dernières conclusions de l’Anses a rendu son rapport le 1er décembre dernier. L’agence européenne revient sur les conclusions de l’Anses et « considère[nt] globalement que les informations contenues dans le rapport de l’Anses et relatives aux effets du BPA sur la santé ne justifiaient pas une modification de l’opinion exprimée par le groupe scientifique dans son avis de 2010 sur la sécurité du BPA ».

Des publications démontrant les effets nocifs du bisphénol A à faibles doses apportent cependant régulièrement une nouvelle pierre à l’édifice et devraient à terme conduire à son interdiction dans tous les pays… mais combien d’années faudra-t-il encore ? »

 

Commentaire : Un poison pour la reproduction humaine et animale, chez l’homme comme chez la femme, mais aussi pour le système immunitaire. Le bisphénol A (BPA) est un véritable danger. Sa présence dans la vie quotidienne en est d’autant plus menaçante que son danger était jusque là hors de tout soupçon. C’est un pas de côté considérable : comment à présent arrêter toute utilisation du BPA sans abandonner un certain mode de vie ? On le trouve en effet partout, il ne faut pas espérer pouvoir l’éviter facilement. La science a alors une influence certaine sur les comportements humains.
Mais la population est obligée de s’en remettre aux autorités, qui seules ont le pouvoir de juger et de prendre une décision. La science, quant à elle, rend uniquement compte de ses observations qu’elle tente de réaliser de la manière la plus précise possible. Se peut-il que ses observations soient rendues trop tard ? Peut-elle est arrêtée ou ignorée par les autorités ? Beaucoup de facteurs externes font partie de la composition de l’action. La production de BPA, de plusieurs millions de tonnes chaque année, a une influence importante. La science s’allie alors avec la politique et cultivent une relation interdépendante, mais il ne faut également ici pas oublier l’économie dont le rôle n’est pas négligeable ! 

 

 

FICTION : 1984, de Georges Orwell

  Roman d’anticipation écrit par George Orwell, et publié en 1949. Big   Brother, la principale figure du roman, est une organisation de contrôle colossale. Métaphore du régime policier et totalitaire, elle surveille les citoyens jour et nuit et réduit les libertés. « 1984 » est une « contre-utopie ». Comme nous l’avons vu, les utopies peuvent devenir totalitaires et aliénates. C’est ce que nous pouvons voir à Océania, où le héros Wilson échoue après maints efforts à retrouver la liberté que Big Brother prend le soin de refuser à tous les membres du « Parti ». Grâce à des sortes de caméras/écrans appelés « Télécrans » qui surveillent les citoyens et transmettent les messages du Parti, le contrôle est absolu. Le règne de Big Brother qui plane de manière terrifiante et floue est celui de la maîtrise de l’homme par la technique, qui mène à cette aliénation.
Bien qu’il n’existe aujourd’hui aucune société semblable, on trouve de nombreux points communs avec notre société actuelle : la téléréalité en est le meilleur exemple avec ses candidats qui se font filmer 24h/24. Les réseaux sociaux tels que Twitter ou Facebook permettent également « d’espionner » l’activité des gens à tout moment de la journée, laissant certaines traces à vie dans les méandres complexes du web…