Fessenheim Centrale nucléaire – Les employés prêts à défendre leur outil de travail

publié le 21 janvier 2011 sur http://www.dna.fr

« Après avoir laissé le champ libre aux antinucléaires, les employés de la centrale nucléaire de Fessenheim veulent reprendre la main. Et peser dans les choix politiques en dépassionnant le débat et en s’appuyant sur des arguments techniques.

Sujet abondamment commenté depuis les incidents de Fukushima et appelé à devenir un thème important dans la campagne présidentielle, la question de l’avenir du parc nucléaire français en général, et de sa doyenne en particulier, interpelle les employés d’EDF à Fessenheim. L’intersyndicale (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC) compte bien passer à l’offensive dès janvier pour peser dans la campagne présidentielle et éviter un « gâchis économique ».

La commission de communication du comité d’établissement rappelle que 900 agents (700 salariés d’EDF et 200 prestataires) dépendent directement de la centrale nucléaire tandis que les emplois indirects sont estimés à plus de 2 000. « On dénombre chaque année plus de 50 millions d’euros de taxes qui alimentent la vie communale et associative ainsi que des millions d’euros de travaux injectés dans le Grand Est, insiste Bernard Dodin (CFDT). La centrale fait vivre beaucoup de monde. Et derrière elle, il y a tout un tissu industriel qui pourrait être impacté. »

Éviter une prise en otage du politique

La validation de la tranche 1 par l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) à l’issue de la troisième visite décennale a conforté les employés dans leur sentiment de travailler dans un lieu sûr. « La sécurité est assurée en permanence, aujourd’hui plus que jamais. La centrale est peut-être la plus vieille de France, mais l’intérieur est refait à neuf. Les seuls chantiers recommandés (renforcer le radier notamment, ndlr) ne touchent pas directement la machine », clament les représentants syndicaux. « Ce serait un crime socialement et économiquement que de la fermer alors que son fonctionnement a été autorisé par des organismes indépendants. »

Les récents accords PS-EELV, qui visent une sortie progressive du nucléaire, ou la déclaration du ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, dans laquelle elle évoque la fermeture de Fessenheim comme une éventualité, ont poussé l’intersyndicale à sortir de sa réserve. Dans un contexte particulier, à cinq mois de l’élection présidentielle, la crainte d’une prise en otage par le politique est réelle alors que les arguments techniques « justifient une poursuite de l’activité. Au-delà des lobbies politiques, c’est l’ASN qui est la seule compétente pour déterminer l’avenir de la centrale. Mais on parle plus de politique que de technique, d’économie et de croissance », déplore Sylvain Bouillot (CFE-CGC).

Solliciter des entretiens avec les candidats à la présidentielle

« Si on veut produire français, il faudra de l’énergie, poursuit Martin Kupfer (CFE-CGC). Se couper de l’énergie nucléaire, dont le coût est peu élevé, c’est mettre à mal l’économie du pays. Il faut que les ambitions soient en adéquation avec les moyens. Nous n’avons rien contre les autres énergies mais le développement d’une filière comme le photovoltaïque ne s’improvise pas. » Les syndicats pointent également du doigt le coût d’un démantèlement et les déchets que produirait une telle entreprise.

Pour faire entendre leur voix, les salariés d’EDF ont lancé une pétition (à voir sur le blog avenirfessenheim.org ) qui a déjà recueilli 3 000 signatures. Des campagnes d’affichage, des débats publics, de la pédagogie autour de la facture d’électricité seront d’autres moyens employés en 2012 pour valoriser l’outil de production. L’intersyndicale espère également organiser des rencontres avec les candidats à l’élection présidentielle afin de présenter ses arguments pour une poursuite de l’activité nucléaire à Fessenheim. Car si la possible fermeture de la centrale alimente les conversations, le personnel n’envisage pas que les effets d’annonce puissent se transformer en actes concrets. »

 

Commentaire : Cet article met l’accent sur les besoins créés par l’innovation et le progrès technique, en prenant comme illustration l’histoire d’une centrale nucléaire en plein débat, celui de sa fermeture ou la continuité de son action. D’un côté, les pro-environnement qui voient à toute fermeture une nouvelle victoire dans leur politique pour la défense absolue de l’environnement envers et contre tout. Cependant, l’apparation du nucléaire a, en plus de la création de nouvelles énergies, créé également de nouveaux postes. Ceux-ci ont ainsi permis l’apparition d’une nouvelle branche de travailleurs, pro-environnement ou pas, mais satisfaits de faire partie désormais de la population active. La fermeture d’une centrale détruirait ainsi de nombreux postes et par delà l’aspect environnemental et technique d’une telle fermeture, ou retrouve l’impact politique qu’elle pourrait avoir car les travailleurs ne sont désormais prêt qu’à une chose : s’investir politiquement parlant afin de faire entendre leurs voix.

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