Les animaux nourris aux OGM se portent bien

publié le 13 décembre 2012 dans lefigaro.fr

Des chercheurs ont passé au crible 24 études toxicologiques récentes.13

« Les animaux durablement nourris avec du maïs, du soja, du riz, des pommes de terre et du triticale génétiquement modifiés se portent bien. Aussi bien en tout cas que ceux qui ont reçu une alimentation non OGM. Même au bout de deux ans, et même lorsque ce régime transgénique leur est administré sur deux à cinq générations successives. Telle est la conclusion, somme toute rassurante, d’une vaste étude dirigée par la généticienne Agnès Ricroch (AgroParisTech, université Paris-Sud-Orsay) à paraître dans la revueFood and Chemical Toxicology, considérée comme «la» référence en la matière.

Pour aboutir à ce résultat, les chercheurs ont passé au crible 24 études américaines, japonaises, brésiliennes, italiennes et norvégiennes récentes, exclusivement réalisées par des laboratoires publics financés par des fonds publics, ce qui exclut a priori tout risque de conflit d’intérêts.

La moitié de ces travaux portaient sur des rats, des souris, des vaches laitières, des saumons et même des macaques nourris pendant une durée supérieure (jusqu’à deux ans) au délai réglementaire de 90 jours utilisé lors des tests toxicologiques préalables à la mise sur le marché des plantes ou des aliments OGM. L’autre moitié a concerné plusieurs générations de vaches, moutons, chèvres, cochons, poules, pintades et, bien sûr, rats et souris. Les auteurs de ces 24 études ont recherché d’éventuels impacts toxicologiques sur la Casio des organes (cœur, foie, rein, cerveau, intestin, gonades, muscles…) et sur un très grand nombre de paramètres biologiques et histologiques. En vain.

L’impact de la transgenèse insignifiant

«Ces travaux ne révèlent aucun problème sanitaire lié à la consommation à long terme de nourriture dérivée d’OGM», souligne le biologiste Marcel Kuntz (CNRS/université Joseph-Fourier-Grenoble) et coauteur de l’étude. «On a beau chercher, on ne trouve rien, sauf des différences non significatives liées à la variabilité génétique ou biologique des animaux étudiés», renchérit Agnès Ricroch.

Du coup, faut-il allonger la durée de nourrissage des animaux au-delà de 90 jours pratiquée lors des tests d’homologation, comme le réclament certains opposants aux OGM au motif que ce délai, trop court, ne permettrait pas de déceler une éventuelle toxicité chronique? «Non. Notre méta-analyse démontre que cet allongement n’apporterait aucune information supplémentaire, répond Mme Ricroch. Si aucun effet toxique n’est décelé pendant ce laps de temps de trois mois, recommandé au niveau international par l’OCDE et les agences sanitaires nationales et supranationales, il n’y a aucune raison d’en trouver d’avantage au-delà. Sauf à complexifier inutilement la procédure déjà très lourde de l’homologation, notamment pour les start-up ou les PME, qui se retrouveraient davantage pénalisées vis-à-vis des grands groupes.»

Dans un article paru en février dans Plant Physiology, Agnès Ricoh, Marcel Kuntz et leur collègue Jean Bergé, décédé depuis, avaient déjà passé en revue 44 publications portant sur des analyses génomiques et protéomiques d’OGM destinées à visualiser l’expression de tous les gènes. Résultat: l’impact de la transgenèse est insignifiant. «Il ne reste aujourd’hui plus d’espace scientifique pour craindre un risque sanitaire inhérent à la nature “génétiquement modifiée” des variétés commercialisées après évaluation des risques telle qu’elle est pratiquée», conclut Marcel Kuntz. »

 

Commentaire : Voici une autre « polémique » concernant les OGM, concernant l’échelle française ainsi que l’échelle mondiale, puisqu’il s’agit ici d’une étude française à propos de l’impact de la nourriture OGM sur des animaux, s’appuyant non seulement sur l’expérience au sein du pays, mais également sur des résultats de pays étrangers : la question des OGM est internationale. Si aucun impact ne semble être décelé après 3 mois de nourriture OGM, on pourrait penser que la conclusion comme quoi l’alimentation OGM est inoffensive peut nous sembler quelque peu rapide. Ce n’est pas l’avis des chercheurs qui semblent être satisfaits de leurs résultats actuels. Confiance réelle ou volonté d’éviter toute découverte en défaveur de la génétique ? Il serait en effet peut confortable que de découvrir qu’un animal puisse être gagné par quelque souci de santé après avoir servi de cobaye aux OGM. Cependant, il faut faire attention. Un animal « génétiquement modifié » ne peut être aussi contrôlé qu’une plante : le risque de propagation et d’impact sur les espèces est grand. L’homme peut-il risquer l’équilibre environnemental pour un marché plus rentable ? Les multiples contestations témoignent du peu de fiabilité des analyses, les craintes sont nombreuses. Le manque d’information, et surtout, de réglementation sur les OGM est au coeur du débat et nous devons rester méfiants, et surtout prudents.

 

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