Wikileaks et la surveillance de masse : le retour

publié le 7 décembre 2011 sur CitizenKane.fr

« WikiLeaks reprend ces activités : 287 documents internes mettent en cause 170 sociétés dans le domaine de la surveillance électronique.

WikiLeaks a travaillé cette fois-ci avec le Washington Post pour relayer l’information sur le continent américain. En Italie, c’est l’Espresso qui a traité le dossier, et en France après le« Cablegate », c’est le site Owni.fr qui diffuse ces « Spy files » sur le Net.

Pour Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks «La surveillance de masse est devenue depuis dix ans une industrie internationale qui vend ses services aux dictateurs pour espionner des populations entières. Ça semble tout droit sorti d’une production hollywoodienne, mais aujourd’hui, les systèmes d’interception de masse, conçus par des sociétés occidentales incluant la surveillance d’opposants politiques est une réalité », explique le site en introduction.

En clair, il existe une surveillance électronique des citoyens via des logiciels spécialisés au profit de régimes et de 25 Etats qui comme la Tunisie de Ben Ali, la Syrie d’Assad, ou la Libye de Kadhafi font bien peu de cas du respect des droits de l’Homme.

En France, ou dans les démocraties en général, l’usage de ces logiciels espions est bien évidemment prohibé. Néanmoins, certaines sociétés à l’instar d’Amesys, filiale du groupe Bull, collaborent avec des régimes comme celui du colonel Kadhafi. Amesys ne se serait pas contentée de vendre du matériel, mais se serait impliquée dans le fonctionnement des logiciels eux-mêmes aux côtés des services de sécurité libyens. En outre les employés de la société française Amesys possédaient même une liste des personnes sous surveillance. Mise en cause, la compagnie a néanmoins répondu : « l’engagement pris par les autorités libyennes de participer aux côtés des pays occidentaux à la lutte contre le terrorisme international a notamment conduit fin 2003 le Conseil de sécurité de l’ONU à lever l’embargo prononcé contre ce pays […] C’est dans ce contexte, que de nombreuses entreprises françaises et étrangères, dont faisait partie Amesys, ont noué des liens commerciaux avec la Libye. Amesys a dans ce cadre livré aux autorités libyennes un matériel sur lequel elle n’a exercé aucun contrôle quant à l’utilisation qui a pu en être faite ».

Au reste, la focalisation obsessionnelle sur la société Amesys semble relever d’un parti pris éthique plus que juridique. En effet, nombreuses sont les entreprises françaises spécialisées dans la cession d’équipements d’interceptions de communications. A dessein, la diatribe dirigée contre la vente de matériel d’interception omet de souligner que ces équipements peuvent être vendus à des fins d’interceptions judiciaires, et que dans ce cadre judiciaire il était parfaitement loisible à Amesys – comme à toute autre société concurrente française ou étrangère – d’offrir ses services à la Libye. Il importe, en effet, que dans la phase d’instruction d’une procédure judiciaire, le parquet soit en mesure de recueillir tous éléments de preuves à charge comme à décharge. »

Commentaire : J’ai décidé de revenir sur les dérives d’Internet que je considère comme de plus en plus préoccupantes de nos jours, Internet étant la source d’informations la plus utilisée au monde. L’exemple de Wikileaks, cette sorte de « Big Brother électronique » mérite toute notre attention.
Ce n’est pas tant la révélation d’informations et de dossiers que leur publication sur Internet qui est préoccupante et concerne les humanités scientifiques. La technologie d’Internet a été l’arme d’une publication à grande échelle. L’acteur Wikileaks s’en est servi comme moyen pour atteindre son but, mais également comme « détour » pour passer au dessus de l’obstacle qu’était la difficulté à répandre une telle quantité de documents. Internet permet en effet de contourner cet embarras et de rendre instantanément ces données accessibles à tous. Le scandale n’est donc pas seulement limité aux révélations choquantes de dossiers sensés rester secrets, mais trouve également toute sa légitimité dans l’utilisation de publications Internet. En effet, une parution sur le web est à la portée de chacun et est extrêmement difficile à éliminer dans sa totalité à partir du moment où le fichier est en ligne. La technologie permet ainsi la propagation de fichiers politiques, concernant dans le cas des diffusions de Wikileaks des affaires de la vie politiques, mais aussi de la diplomatie mondiale ! Quelles conséquences de la technologie sur la vie diplomatique ? Va-t-elle s’en mêler au point de finir par la dominer ?

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