Le minitel, condamné à mort

publié le 21 juillet 2011 sur Le Point .fr

Le 30 juin 2012, l’appareil cessera définitivement d’exister. Pourtant, presque deux millions de Français continuent de l’utiliser.

 » Les 120 membres du groupe Facebook « Groupe de soutien au retour du minitel » vont être déçus. Le 30 juin 2012, l’invention française cessera d’exister. France Télécom, qui l’avait lancé en 1982, a décidé d’arrêter définitivement son service. Pendant trente ans, des millions de Français l’ont utilisé pour consulter la météo, chercher un numéro de téléphone ou encore accéder aux messageries roses. Proposant plus de 25 000 services – pratiques, professionnels et bancaires – à la fin des années 1990, le minitel a connu son apogée en 2000 avec 9 millions d’utilisateurs.

« Ça coûtait très cher, on essayait vraiment d’en limiter l’usage, se souvient Anne-Laure, 31 ans. Parfois, on avait quand même le droit de jouer au pendu, sur 3615 PENDU. » La directrice commerciale marketing se rappelle surtout de la consultation de résultats, comme ceux du baccalauréat et des écoles de commerce. « C’était très long et, du coup, stressant, car les informations s’affichaient ligne par ligne. C’est d’ailleurs probablement la dernière fois que j’ai utilisé un minitel. »

« Une invention remarquable » (un utilisateur)

D’autres continuent d’y faire appel aujourd’hui. En 2010, 950 000 Français consultaient les services du minitel via Internet et 810 000 possédaient encore un appareil. C’est le cas de Claudette, 80 ans, qui l’utilise depuis 20 ans. « J’ai d’abord eu le minitel 1 gratuit, puis le 2, raconte l’habitante d’Agde. Je m’en sers plusieurs fois par semaine pour consulter mes comptes. » Malgré l’insistance de ses petits-enfants, Claudette n’a jamais voulu d’ordinateur chez elle. « Je ne veux pas d’Internet, affirme-t-elle. J’ai une petite table avec mon minitel, mon téléphone fixe et mon répondeur, cela me suffit.

Gérard Neyret est un fervent défenseur de l’appareil. Depuis 2009, il écrit régulièrement dans les médias  pour lutter contre la disparition programmée du minitel. Bien que propriétaire d’un ordinateur depuis une dizaine d’années, il utilise cette technologie très régulièrement. « Quand je suis sur Internet, je suis exaspéré par ces nuées d’annonces qui n’ont rien à voir avec ce que je recherche, explique l’ingénieur de formation. Avec un minitel, c’est infiniment plus simple. Et puis il n’y a pas de risque de virus ou d’arnaque, c’est une invention remarquable. »

Nette décroissance

Si l’invention française trouve encore des utilisateurs, leur nombre est en nette décroissance, tout comme le chiffre d’affaires généré. En 2007, France Télécom touchait 100 millions d’euros grâce au minitel. En 2010, le montant annuel ne s’élevait plus qu’à 200 000 euros. L’annuaire, service phare, perd notamment 50 % d’audience par an. France Télécom et PagesJaunes souhaitaient l’arrêter en juillet 2008 mais ont fait marche arrière face aux revendications des usagers.

« Le minitel se dirige inexorablement vers sa fin, explique une porte-parole d’Orange. L’offre X25, celle qu’il propose, est devenue obsolète. » Aujourd’hui, seuls 1 880 services sont encore accessibles via le minitel. SNCF, Air France ou encore l’aéroport de Paris l’ont délaissé, tout comme la LCL. Récemment, BNP Paribas a affiché la même intention. En 2007, France Télécom prévoyait de mettre fin à l’existence du minitel d’ici à 2010. Le groupe a finalement reporté sa décision à septembre 2011, puis à juin 2012. Pourrait-elle être décalée de nouveau ? Les aficionados du petit appareil gardent espoir. « 

Commentaire :  Depuis quelques petites décennies, on assiste de plus en plus rapidement à une évolution des services. Entre le téléphone et Internet, on trouve le minitel. Ici, on annonce l’arrêt total de sa production en France pour juin 2012, après de bons et loyaux services. Si beaucoup de Français s’en sont détachés d’en problème grâce à la révolution du web, d’autres choisissent de continuer à l’utiliser car ça « plante » moins et ça serait plus fiable.
Un paradoxe émerge ainsi de cet article, celui du refus du progrès technologique car ce qui est vieux (minitel) prouve que la qualité est bonne (puisque cela marche toujours). Cette remise en question du progrès technlogique ne menace certes pas Internet, mais fait entendre une voix différente.
Le progrès avance grâce aux inventions qui ont été faîtes précédemment, c’est une chose à ne pas oublier.  C’est une mise en abyme de l’évolution d’un objet. Cependant, cela montre aussi les « sacrifices du progrès » : même si certains se servent encore du minitel, le fait que sa production cesse le condamne d’ici 2012, à l’arrêt de son utilisation.
Faut-il toujours abandonner l’invention précédente à la faveur de celle qui suit, au nom du progrès technologique ? 

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