« Ex vivo/In vitro »: l’homme, entre nature et procréation assistée

publié le 28 novembre 2011 sur lesinrocks.com

« Sperme congelé, bébé  éprouvette, clonage, fécondation in vitro… il devient de plus en plus difficile de naître. La possibilité de faire des enfants en-dehors des seuls rapports sexuels induit une mutation culturelle dont nous ne mesurons pas encore l’impact. Que signifie, par exemple, naître sans père ni mère ? C’est le genre de questions que pose avec une pincée d’humour ce spectacle conçu par Jean-François Peyret avec la complicité du neurobiologiste Alain Prochiantz.

Un dense réseau de cordes barre toute la largeur du plateau évoquant aussi bien une forêt profonde qu’une membrane à l’épaisseur poreuse. Ce décor imaginé par Nicky Rieti renvoie à la nuit des origines mais aussi à la relation complexe que l’homme entretient avec son milieu naturel. Car ce que suggère avant tout ce spectacle c’est que les découvertes scientifiques sur le vivant produisent au passage une grande perplexité. Que la technique se substitue à la sélection naturelle est au fond assez troublant. N’était-il pas plus rassurant de s’en remettre à la nature ?

Cette perplexité est remarquablement assumée par des comédiens dont l’humour et l’inventivité joue sur les registres les plus variés. De l’absurde à la comédie musicale en passant par un dialogue entre Alice et le serpent emprunté à Lewis Carroll. « Je ne suis pas sûr d’être le personnage principal de ma vie », dit l’un. Tandis qu’un autre affirme : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même homme. »

Au fond, nous sommes bien peu de choses. Même si nous sommes les seuls à être au courant. »

Hugues Le Tanneur

Ex vivo / In vitro, de Jean-François Peyret et Alain Prochiantz, mise en scène Jean-François Peyret, avec Jacques Bonnaffé, Yvo Mentens, Pascal Ternisien, Anne-Laure Tondu. Jusqu’au 17 décembre au théâtre de la Colline, Paris.

 

Commentaire : Cet article présente un spectacle qui pose les questions de l’impact et des conséquences pas toujours maîtrisés de l’innovation et du progrès technique, en prenant comme illustration la « difficulté » croissante de naître avec par exemple la fécondation in vitro. Il est clair que ce genre de découverte est un immens progrès, mais ses répercussions soulèvent d’épineuses questions qui se font de plus en plus nombreuses. Le détour « fécondation in vitro » au problème « infertilité » se heurte à de nouvelles interruptions. L’éthique doit être et rester la limite, le « garde-fou » de la technique, sans quoi la technique transcende son but et le trahit, allant toujours plus loin sans aucune humanité ni possibilité de contrôle. « N’est-il pas plus rassurant de s’en remettre à la nature ? »

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