Et si l’échec en lecture n’était pas une fatalité

publié le 9 novembre 2011 dans Le Monde

Est-ce vraiment une fatalité que chaque année un enfant sur huit sorte de l’école primaire sans maitriser la lecture? Le débat qui s’est installé sur l’évaluation des enfants de grande section, a le mérite de ramener ce scandale sur le devant de la scène.

« On connaît les chemins de la réussiteUn scandale ? Oui, parce que certains pays ont réussi à sortir de ce déterminisme qui fait qu’à 8 ans on est socialement condamné puis que les 15% qui échouent en lecture échouent dans leurs études et ont beaucoup de mal à s’insérer. On sait pourtant aujourd’hui ce qu’il faut faire pour que quasiment tous les enfants apprennent à lire.

Quand nous sommes empêtrés dans nos débats sur les méthodes d’enseignement de la lecture, d’autres ont avancé sur le sujet.

D’ailleurs lorsqu’on regarde PIRLS 2006, la dernière évaluation internationale en lecture des enfants de CM1, on se traine avec notre score de 522 quand l’Italie a 551, l’Allemagne 548. Et les Etats-Unis 540. On se traine et en 5 ans, on a chuté.

Des états ont pourtant prouvé qu’il y avait des solutions. Qu’on pouvait largement augmenter les scores en lecture des élèves, en étant un peu rigoureux dans les enseignements. « C’est ce qu’a fait la Floride entre 2000 et 2005. Aujourd’hui cet état américain se situe loin devant la France, alors qu’elle scolarise un nombre important d’enfants dont l’anglais n’est pas la langue maternelle », rappelle Laurent Cros, le délégué général d’Agir pour l’Ecole ? une association qui prône l’expérimentation scientifique. Aux yeux de ce M. Cros, la réussite de la Floride tient en trois lettres : NRP pour National Reading Panel.


Vous connaissez le National Readibng pannel? 

Le NRP est la plus grande synthèse de la recherche mondiale sur les compétences mise en œuvre dans l’apprentissage de la lecture.
En 1997, à la demande du Congrès et du secrétaire d’État américain à l’Éducation, a été mise en place une commission chargée de faire le bilan de toute la recherche sur l’ensei¬gnement de la lecture. Le NRP a dégagé les méthodes les plus efficaces et dé¬terminé les conditions de leur applicabilité en classe. Il a mis au jour l’impact de l’apprentissage phonologique, de l’enseignement des correspondances lettres-sons, du lexique, des straté¬gies de compréhension et… de la formation des enseignants. Formation et suivi…(ça servirait donc à quelque chose une bonne formation initiale !) »

 

Commentaire : Un débat en France vient d’être relancé : celui d’une possible évaluation des élèves de grande section. En effet, un certain déterminisme se fait remarquer dans l’éducation : ne pas savoir lire à 8 ans est symbole d’échec scolaire. Or, la France, à ce niveau, est en retard considérable par rapport aux autres pays occidentaux et a le score d’évaluation le plus faible d’Europe.
Grâce à des études en laboratoire, de nouvelles méthodes d’apprentissage ont été découvertes pour les enfants, comme l’apprentissage phonologique. L’étude se basant sur les capacité des enfants se fonde donc sur une analyse scientifique.
Le Ministère de l’Education pouvant se baser sur ces données pour construire un programme scolaire adapté aux enfants, l’affaire est directement politique. Il s’agit d’augmenter le taux de réussite et d’effacer ce déterminisme qui n’encouragera pas des élèves ayant des difficultés. La politique nationale est stimulée par la science. 

 

 

 

 

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