Un psychologue néerlandais a falsifié des données dans des dizaines de travaux scientifiques.

– Publié le 04/11/2011 sur LeFigaro.fr

«  Trois grandes universités néerlandaises sont ébranlées par un scandale de fraude scientifique qui a duré pendant plus d’une dizaine d’années, et concerne des «douzaines de publications scientifiques» de haut niveau. L’homme à l’origine de ce scandale est un professeur de psychologie sociale très réputé, Diederik Stapel, âgé de 45 ans. Il a été suspendu de son poste de professeur à l’université de Tilburg en septembre dernier, peu de temps après l’ouverture d’une investigation de grande envergure sur l’étendue des falsifications dont il s’est rendu coupable.Les trois universités qui mènent l’enquête, son établissement actuel et ses deux précédents employeurs, les universités d’Amsterdam et de Groningen, ont publié cette semaine une version préliminaire de leur rapport qui est accablante pour le chercheur hollandais. Grâce à la coopération de ce dernier les enquêteurs ont établi qu’il «a trafiqué des données dans des douzaines d’études scientifiques» et que 14 des 21 thèses de doctorat qu’il a supervisées étaient douteuses.

La prestigieuse revue américaine Science a retiré cette semaine une publication de Diederik Stapel publiée en avril 2011 dans laquelle il affirmait que le chaos et les incertitudes poussaient les gens à des comportements discriminatoires.

«Les chercheurs sont sous le choc, a déclaré à Science Gerben van Kleef, un spécialiste de la psychologie sociale à l’université d’Amsterdam. Tout le monde se demande comment cela a pu se produire, et surtout dans de telles proportions.»

La méthode de travail de Stapel en psychologie sociale, pour étudier comment le comportement et les émotions des gens sont influencés par les actions ou la simple présence d’autres individus, était très simple. Il préparait avec soin des questionnaires psychologiques, mais ne les faisait jamais passer à personne, inventant lui-même les pourcentages de réponses.

Résultats falsifiés 

Il cachait la vérité à ses collaborateurs en leur disant qu’il avait recueilli ses données dans d’autres universités, ou qu’il les avait en sa possession depuis quelque temps et qu’il n’avait pas eu le temps de les exploiter.

Et quand il lui arrivait de réaliser vraiment des expériences, il falsifiait ensuite les résultats. En choisissant des sujets polémiques et dans l’air du temps, comme l’influence du pouvoir sur la morale, il n’avait ensuite pas de mal à publier ses conclusions falsifiées dans des revues de bonne qualité, pourtant dotées de comités de relecture chargés de détecter ce genre de fraude grossière.

Après au moins une décennie d’impunité, l’alerte a été donnée cet été par trois jeunes chercheurs travaillant dans l’équipe de Diederik Stapel. Ces derniers ont trouvé étrange que leur professeur se réserve totalement l’accès aux données brutes avant qu’elles ne soient dépouillées. Ils ont fait des analyses statistiques rapides et se sont aperçus d’incohérences grossières dans des résultats. D’autres chercheurs avaient déjà sonné l’alerte auprès de l’université, mais Stapel n’avait jamais été inquiété par le passé. « 

Commentaire : Comme nous pouvons le voir dans cet article, le secteur scientifique n’est pas épargné par les « tricheurs ». Cette situation peu désirable est ici illustrée par l’exemple de Diederik Stapel, un psychologue et professeur néerlandais, dont les tromperies viennent d’être découvertes après plus de dix ans d’activités frauduleuses. Ce dernier falsifiait en effet des résultats d’études psychologiques sur les comportements des individus depuis des années. Cette pratique, et surtout l’émission de tels résultats, est dangereuse pour l’équilibre politique d’un pays dans le sens où les individus peuvent être influencés dans leur comportement et leurs choix politiques par des données les concernant directement, non seulement personnellement mais de manière aussi nationale, données qu’ils croient être vraies alors qu’elles ne sont qu’un tissu de mensonges. Un individu peut ainsi adapter son comportement à celui du groupe que constitue la société entière afin de « faire comme les autres » ou pour suivre un mouvement si ses propres idées ne sont pas précises. Ce comportement est d’ordre psychologique mais peut prendre des dimensions politiques au sein de l’opinion publique ou des mouvements politiques qui traversent le pays et peut ainsi bouleverser la stabilité d’un pays en remettant en cause la conduite des personnes de ce pays.

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