Archive | novembre 2011

« Les OGM n’apportent rien, à personne, sauf… aux multinationales »

publié sur Le Point.fr le 29 novembre 2011

L’ingénieur agronome Claude Aubert fait le point sur les OGM, alors que la culture de maïs Monsanto a été autorisée lundi par le Conseil d’État.

 » Le Conseil d’État a annulé, lundi, la suspension de culture du maïs OGM de Monsanto prise par le gouvernement français en février 2008 et remise en cause depuis par la Cour de justice européenne. Cet organisme génétiquement modifié très critiqué peut donc de nouveau être cultivé en France. Mais rares sont ceux qui défendent le maïs « Monsanto 810 ». Les OGM sont-ils si nocifs ? Claude Aubert, ingénieur agronome, revient pour Le Point.fr sur les principaux enjeux du débat sur les OGM.

Le Point.fr : Quels risques sanitaires les OGM présentent-ils pour l’homme ?

Claude Aubert : Le maïs Monsanto, comme les autres OGM, n’a été testé que trois mois sur des rats. Cela pose plusieurs problèmes : tout d’abord, ces tests ont été réalisés sur une trop courte période ; il aurait au moins fallu regarder les effets du maïs modifié sur deux générations. Par ailleurs, Monsanto conclut de manière surprenante que, lorsque les OGM opèrent des changements physiologiques sur le corps (prise de poids…), sans pour autant qu’une pathologie évidente se déclare, cela signifie qu’ils n’ont pas de conséquences néfastes sur l’organisme. Pourtant, les tests réalisés par le chercheur Gilles-Éric Séralini montrent bien qu’il existe des effets sur l’homme, dont les impacts n’ont jamais été évalués. Le maïs Monsanto 810 sécrète, par exemple, une toxine naturelle bactérienne qui se transmet au consommateur, sans que l’on sache réellement ce qu’elle peut engendrer.

Et qu’en est-il des conséquences sur l’environnement ?

Les gènes des OGM se disséminent et contaminent les environs sur un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres. Si, un jour, les OGM s’avéraient dangereux, il serait trop tard, car si le gène est dans la nature, on ne peut plus l’arrêter. C’est irréversible. En somme, la toxicité des OGM n’a pas été étudiée réellement, ni sur la santé humaine ni sur l’environnement. On joue aux apprentis sorciers !

Quel intérêt présente la culture d’OGM ?

Les OGM n’apportent rien, à personne, sauf… aux multinationales. Ils n’augmentent pas significativement les rendements (sauf dans certains cas, et de manière peu notable) et ils ne permettent pas de diminuer l’utilisation de pesticides. Les plantes OGM seraient, selon les fabricants, plus faciles à utiliser pour l’agriculteur, car ces cultures sont censées ne pas solliciter autant d’attention que les classiques. En effet, la semence OGM est conçue pour résister aux herbicides et permet donc au cultivateur de traiter contre les mauvaises herbes tout son champ, sans faire dans le détail. Dans les faits, les OGM ne sont rien d’autre que du business : Monsanto a créé le fameux « Roundup » (l’herbicide de la multinationale américaine est le plus vendu dans le monde depuis trente ans, NDLR) et ensuite la plante qui résiste à son produit phare. Mais les Américains sont confrontés à un nouveau problème, car la nature s’est adaptée : des herbes résistantes au Roundup apparaissent. À long terme, la méthode ne sera pas viable.

Monsanto a donc imaginé un système où il a créé à la fois le mal et son remède ? 

Mieux ! Les OGM de Monsanto étant leur propriété, les agriculteurs ne peuvent pas replanter les graines issues des semences Monsanto : ils doivent les acheter de nouveau à la multinationale. Mais la firme va même plus loin : un fermier canadien, qui ne voulait pas cultiver d’OGM, a été condamné par la justice pour avoir planté des graines génétiquement modifiées sans les avoir achetées. La réalité est tout autre : son colza avait été contaminé – sans le vouloir et à son grand dam ! – par les OGM de ses voisins.

D’autres OGM risquent-ils d’arriver sur le marché français ?

De nouvelles plantes OGM sont créées tous les jours. Les fabricants en ont des dizaines dans les cartons ! Actuellement, les plus communément rencontrées sont le maïs, le soja, le colza et le coton. Il y a aussi la pomme de terre, le riz… Il existe également des micro-organismes génétiquement modifiés utilisés dans un but médicinal. Même si Bruxelles autorise un OGM en Europe, chaque pays de l’Union reste libre de s’opposer à cette décision s’il a une « bonne raison » de le faire (dans le cas du maïs Monsanto 810, le Conseil d’État n’a pas validé les motifs avancés par le gouvernement français en 2008, autorisant de fait de nouveau la culture de ces OGM en France, NDLR).

Des OGM peuvent-ils se retrouver sur le marché français par l’importation de produits étrangers ?

Bien sûr, et c’est déjà le cas. La France importe massivement des produits pour l’alimentation animale, notamment le soja, dont la quasi-totalité provient d’Amérique du Sud. Mais – pour le moment – on ne retrouve a priori pas de protéines modifiées dans les produits issus de ces animaux. Cependant, à part les aliments estampillés « bio », tous les produits que l’on consomme peuvent potentiellement contenir des OGM. D’autant qu’avec le problème de la « dissémination » des champs peuvent se retrouver « contaminés » sans le savoir. C’est ce qui s’est passé en Suisse, où on a retrouvé du maïs OGM dans des cultures alors même que le pays n’en a jamais produit. Indirectement, sans le vouloir, on consomme donc déjà des OGM. Mais seuls les aliments contenant plus de 0,9 % d’OGM doivent le stipuler sur l’emballage. « 

Commentaire : Voici une autre preuve des interdépendances entre politique et sciences : la polémique des OGM est à ce titre un enjeu international.
L’acteur Conseil d’Etat finit par autoriser la culture de certains OGM en France qui avait été interdite par la Cour de justice européenne.  Quelle est la légitimité d’une telle décision ? A quel niveau doit-elle être prise ? Et surtout, puisqu’ils sont sujet au débat : quelle légitimité et quelles limites pour les OGM ? Les décisions politiques ne peuvent « jouer » ainsi sans avoir pleinement conscience des enjeux scientifiques et environnementaux. Et l’on ne peut décider de la mise en place ou de la suppression des OGM dans une zone aussi étendue que l’UE sans déclencher de réactions à la chaîne. D’autant plus que d’après les données citées dans l’article, que les OGM soient autorisés à l’échelle d’un état et interdits à l’échelle d’un autre, les OGM se propagent et les politiques individuelles de chaque état sont ainsi impuissantes devant la vague déferlante que sont les OGM créés par la science.  

« Ex vivo/In vitro »: l’homme, entre nature et procréation assistée

publié le 28 novembre 2011 sur lesinrocks.com

« Sperme congelé, bébé  éprouvette, clonage, fécondation in vitro… il devient de plus en plus difficile de naître. La possibilité de faire des enfants en-dehors des seuls rapports sexuels induit une mutation culturelle dont nous ne mesurons pas encore l’impact. Que signifie, par exemple, naître sans père ni mère ? C’est le genre de questions que pose avec une pincée d’humour ce spectacle conçu par Jean-François Peyret avec la complicité du neurobiologiste Alain Prochiantz.

Un dense réseau de cordes barre toute la largeur du plateau évoquant aussi bien une forêt profonde qu’une membrane à l’épaisseur poreuse. Ce décor imaginé par Nicky Rieti renvoie à la nuit des origines mais aussi à la relation complexe que l’homme entretient avec son milieu naturel. Car ce que suggère avant tout ce spectacle c’est que les découvertes scientifiques sur le vivant produisent au passage une grande perplexité. Que la technique se substitue à la sélection naturelle est au fond assez troublant. N’était-il pas plus rassurant de s’en remettre à la nature ?

Cette perplexité est remarquablement assumée par des comédiens dont l’humour et l’inventivité joue sur les registres les plus variés. De l’absurde à la comédie musicale en passant par un dialogue entre Alice et le serpent emprunté à Lewis Carroll. « Je ne suis pas sûr d’être le personnage principal de ma vie », dit l’un. Tandis qu’un autre affirme : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même homme. »

Au fond, nous sommes bien peu de choses. Même si nous sommes les seuls à être au courant. »

Hugues Le Tanneur

Ex vivo / In vitro, de Jean-François Peyret et Alain Prochiantz, mise en scène Jean-François Peyret, avec Jacques Bonnaffé, Yvo Mentens, Pascal Ternisien, Anne-Laure Tondu. Jusqu’au 17 décembre au théâtre de la Colline, Paris.

 

Commentaire : Cet article présente un spectacle qui pose les questions de l’impact et des conséquences pas toujours maîtrisés de l’innovation et du progrès technique, en prenant comme illustration la « difficulté » croissante de naître avec par exemple la fécondation in vitro. Il est clair que ce genre de découverte est un immens progrès, mais ses répercussions soulèvent d’épineuses questions qui se font de plus en plus nombreuses. Le détour « fécondation in vitro » au problème « infertilité » se heurte à de nouvelles interruptions. L’éthique doit être et rester la limite, le « garde-fou » de la technique, sans quoi la technique transcende son but et le trahit, allant toujours plus loin sans aucune humanité ni possibilité de contrôle. « N’est-il pas plus rassurant de s’en remettre à la nature ? »

Power Balance, le bracelet de l’arnaque

publié le 25 novembre 2011 dans europe1.fr

La justice américaine a condamné la société qui le commercialise pour « publicité mensongère ».

 

« Sa promesse était ambitieuse. Visiblement c’était du vent. Le bracelet Power Balance promettait de « rééquilibrer les énergies et optimiser les performances sportives », mais la justice américaine a remis en cause ses effets magiques, faute de preuves scientifiques. La société qui fabrique et commercialise ce bijou en silicone à hologramme a été condamnée pour publicité mensongère.

42 millions d’euros de dédommagement

Conséquence : Power Balance est contraint de dédommager ses clients à hauteur de 57 millions de dollars, soit environ 42 millions d’euros. Les fondateurs de l’entreprise ont été également obligés de publier une déclaration dans laquelle ils admettent « qu’il n’y a aucune preuve scientifique crédible » qui reconnaît que le pouvoir des bracelets.

« Si vous sentez que vous avez été trompés par nos produits, nous tenons à présenter nos excuses et sans réserve, nous offrons un remboursement complet », concluent les créateurs du Power Balance. Une bonne nouvelle pour les utilisateurs floués, qui ont dû tout de même débourser entre 20 et 40 euros pour se procurer un Power Balance.

Leonardo Di Caprio et Laurent Blanc adeptes

Le bracelet, qui avait été lancé il y a deux ans sur le marché, avait connu un très large succès dès son lancement aux Etats-Unis. De nombreuses personnalités comme les acteurs Catherine Deneuve, Leonardo Di Caprio, Kate Middleton ou encore Robert De Niro mais également les sportifs Laurent Blanc ou Shaquille O’Neal – basketteur de légende de la NBA -, s’étaient montrés Power Balance au poignet.

Mais en janvier dernier, c’est un groupe de consommateurs américains qui avait porté la marque devant la justice en janvier dernier. Ils donc obtenu réparation. »

Commentaire :  « Ce qui créé un public »

On peut, me semble-t-il, parler de technique et de technologie pour ce bracelet dit « à la pointe » dont le but est d’augmenter l’énergie corporelle. Cependant, la science (les médecins), restée dubitative quand au effets d’un tel produit a fini par l’emporter : faute de preuves scientifiques, Power Balance doit maintenant dédommager tous ses clients pour publicité mensongère. Son succès (but) était en effet surtout valu à l’argumentation de la publicité qui l’entourait (très ingénieux détour). Ce bout de caoutchouc plein de promesses ne semble en réalité n’avoir aucun pouvoir. La technologie et le bouche-à-oreille ont semblé suffire à l’interêt grandissant qu’il a pu provoquer dans le passé, enflammant un public qui s’est mis à consommer sans plus se poser de questions. Un autre effet de la technologie : la fascination entraînant une consommation (donc un public). Mais la technologie a-t-elle pour but la consommation ? 

 

L’Homme est-il le seul à pouvoir se suicider ?

publié le 24 novembre 2011 dans Le Monde

« On connaît l’exemple du chien fidèle se laissant mourir après son maître ; on a vu un canard se maintenir sous l’eau assez longtemps pour se noyer après la mort de son partenaire, desrats-taupes nus atteints d’une maladie contagieuse aller mourir seuls, loin de leur colonie, et des baleines se jeter par dizaines sur les plages, comme le 14 novembre dernier sur la pointe de Farewell (“adieu”, en anglais), en Nouvelle Zélande, en un simulacre de suicide collectif désespérant  – les autorités locales se sont résolues à euthanasier les survivantes deux jours plus tard, rappelle Slate.

Mais peut-on aller au-delà de comparaisons anthropomorphiques plus ou moins douteuses, se demande aujourd’hui Slate, et affirmer qu’une bête est capable de se suicider ? Un animal peut-il avoir conscience de son existence et conceptualiser la relation de cause à effet qui mènera de son acte à sa disparition, éventuellement à l’abrègement de ses souffrances ?

La question a passionné les scientifiques et la presse anglaise à l’époque victorienne, rappelait en 2010 Edmund Ramsden, chercheur au département d’histoire de l’université d’Exeter. A partir de l’année 1845, on vit ainsi fleurir les drames animaliers dans les feuilles d’outre-Manche, tel “le cas d’un chien de race terre-neuve qui s’était, à plusieurs reprises, jeté à l’eau, restant immobile et gardant obstinément la tête sous l’eau pendant quelques minutes“, rappelle Slate (c’est alors que l’affaire du canard amoureux mentionné ci-dessus avait été évoquée).

Bravement, donc, Slate rassemble des éléments de preuve modernes. Le site souligne que certains animaux, dauphins,primatespies et éléphants, en reconnaissant leur image dans un miroir pourraient démontrer une certaine conscience de leur individualité. Certains savent “faire semblant“, en jouant : serait-ce le signe d’une capacité à se projeter au-delà de ce monde matériel ?

Poussant vers des espèces dont les états d’âme indiffèrent la plupart d’entre nous, Slate relève que certaines algues unicellulaires peuvent, face à un stress pourtant surmontable, activer un processus de mort programmée. “Des chercheurs ont récemment découvert que le « suicide » de certaines cellules favorisait la croissance des cellules survivantes.” Ces algues meurent donc “pour le bien de la communauté“, en martyrs.

Enfin, Slate note l’existence d’un parasite qui provoque chez les rongeurs une certaine attirance pour leur pire ennemi, le chat, et se demande si ledit parasite, Toxoplasma gondii, pourrait également infecter l’humain et le pousser ainsi à passer à l’acte, en conscience altérée, mais en conscience tout de même. »

 

Commentaire : L’Homme s’est toujours considéré comme étant supérieur aux autres au niveau intellectuel, seul être vivant à être réellement conscient de son existence, à pouvoir avoir envie de vivre ou au contraire de mourir. Cependant, l’inverse a pu être observé sur des animaux où nous avons décelé des cas de conscience de soi, lorsqu’il se regardent dans le miroir, ou même lorsqu’on découvre certaines tendances suicidaires pour certains d’entre eux. Les certitudes des hommes peuvent ainsi être remises en cause par cette observation primaire.
Elle permet également plusieurs remises en question d’ordre politique. Elles constituent en effet un détour du laboratoire : si les animaux sont dotés du conscience, que dire des traitements que les humains leur infligent (maltraitance, exploitations..) ? Il devient ainsi totalement immoral de les maltraiter, l’excuse de l’absence d’une conscience n’étant plus valable. Les mesures politiques à prendre seraient alors un nouveau devoir pour l’autorité publique, afin de satisfaire les actions justifiées des groupes de protection des animaux, un véritable problème politique.  

Expérience personnelle.

le 29 septembre 2011.

J’ai le souvenir d’un ami que l’on pourrait qualifier de « casse-cou » qui m’a confié avoir, depuis un accident de ski, une sorte d’implant métallique dans le genou.
Cette petite histoire illustre bien la relation aujourd’hui inséparable de l’homme avec la technique. D’après les souvenirs que j’ai du récit de cet ami, il semblerait que cette simple plaque de métal lui fasse ressentir un sentiment quelque peu paradoxal : celui d’être vulnérable et fort à la fois, comme un cyborg, sans pour autant le qualifier en tant que tel. La technologie l’a ainsi façonné en laissant des traces sur son corps (de petites cicatrices, et cette fameuse plaque de titane). Son genou serait à présent comme plus solide avec cet « outil » que les autres n’ont pas, mais il faut également prendre soin de cette « jambe-cyborg » en évitant de trop la solliciter car elle est également fragile et peut être parfois douloureuse.
De son expérience personnelle, on retient également la difficulté pour la société à appréhender l’arrivée des implants. Il faut même, selon ses dires, posséder un document prouvant le port de l’implant (qui peut même être détecté dans les portiques de contrôle !), ou alors être entièrement fouillé. La technique a ainsi brouillé nos repères naturels. Le développement des hommes « hybrides » suscite une certaine curiosité mêlée à de la suspicion, une certaine appréhension, voire de l’antipathie selon les cas. 

Ces polluants qui veulent du mal aux mâles.

publié le 17 novembre dans futura-sciences

« Traces de pesticides dans l’alimentation, composants chimiques des emballages plastiques, produits de beauté… Nous sommes exposés en permanence à des matières toxiques. Pour les femmes pendant lagrossesse, cette exposition prendrait une tournure dramatique. Elle attaquerait l’appareil génital du nouveau-né, surtout s’il s’agit d’un garçon.

« Il est grand temps que les autorités sanitaires européennes prennent en compte cette réalité et arrêtent de protéger les industriels » lance Elizabeth Salter Green, directrice de l’ONG britannique Chem Trust, qui vient de rendre public un rapport accablant sur le sujet. Son auteur, le professeur Richard Sharpe du Medical Research Council britannique, est une référence mondiale en matière de biologie reproductive.

Des polluants très courants

Sharpe est catégorique. « La multiplication des dysfonctionnements de l’appareil génital masculin – cryptorchidiecancers des testicules, baisse de la fertilité du sperme, NDLR – observée ces dernières décennies est directement liée à la pollution chimique. » Les principaux accusés sont lesphtalates, les parabens et autre bisphénol. On les trouve dans de nombreux produits de consommation courante, mais pas seulement. Le carburant des moteurs Diesel, le DDT, les pesticides en tout genre font aussi partie de la liste établie par Richard Sharpe, particulièrement longue.

Quant à la raison pour laquelle les scientifiques peinent à incriminer clairement une substance précise, il avance l’idée d’une co-toxicité qui brouille les pistes… en multipliant les risques. « Il faut comprendre que tous ces produits toxiques agissent ensemble. C’est leur interaction qui est redoutable pour notre organisme. » “

 

Commentaire : Un rapport vient d’être rendu public, révélant les effets des pesticides présents dans notre alimentation sur notre organisme, et en particulier sur celui des embryons.
L’exposition aux « phtalates », « parabens » et « bisphénol » des femmes durant leur grossesse opposerait le foetus à des troubles de son appareil génital comme des baisses de fertilité ou des cancers, notamment si c’est un garçon. Ces résultats scientifique modifient ainsi les comportements humains qui s’orienteront alors vers des produits plus sains (bios), et changeront par exemple leurs rapports vis à vis des producteurs qui seront poussés à ne plus utiliser ces pesticides néfastes. De plus, la souveraineté du pays peut être directement mise en cause par l’interdiction ou la réglementation de certains produits, car l’Etat se doit de protéger ses populations et d’interdire les substances mauvaises pour la santé.
Le laboratoire du professeur Sharpe cité dans l’article a donc ici mis en lumière les effets des pesticides sur l’organisme humain et appelle donc à la souveraineté et à l’Etat dont le rôle est à présent de protéger ses citoyens donc les rapports se voient également changés par ces résultats. 

Fiction : (film) L’Homme Bicentenaire

Film réalisé par Chris Columbus et sorti en 1999, adaptation de la nouvelle éponyme d’Isaac Asimov parue en 1976.

 

Cette histoire de science-fiction prend place dans un monde futur où la technologie a permis aux hommes de confectionner des robots extrêmement performants pouvant accomplir les tâches ménagères qui étaient jadis dévolues aux êtres humains eux-mêmes. Une famille décide d’en acquérir un, qu’elle baptise Andrew…
Cependant, Andrew n’est pas comme les autres robots. A la suite d’un accident, celui-ci va commencer à se donner des buts et à s’instruire de manière incroyable pour finir par développer des sentiments.. et à apprendre à vivre.
On assiste ici à l’inverse du souhait de l’humain se transformant peu à peu en robot : un androïde vit dans le but de se transformer en humain et veut acquérir toutes les caractéristiques humains, en se servant pour cela de son intelligence artificielle et extrêmement efficace à des fins technologiques. A un détail près : Andrew est ce que les humains rêvent de réussir à accomplir : un être immortel. Le rêve utopique de l’humain immortel est ici confronté à la réalité de la vie et à la réalisation par Andrew qu’on ne peut être heureux indéfiniment, même avec tous les moyens technologiques qui nous sont à disposition, car le bonheur ne se trouve pas dans la technologie qui ne constitue qu’un ensemble d’accessoires destinés à « permettre » d’être plus heureux. Dans sa démarche pour devenir humain, Andrew finit par comprendre ce que les hommes n’ont pas compris : il est le prototype de l’homme immortel et finit par renoncer à sa longue vie. Si ce film est une pure fiction quelque peu utopique, elle reflète bien la réalité du conflit entre humanité et technique : jusqu’où peut aller l’homme dans sa propre transformation vers une idéal « surhumain » ? Pourra-t-il vraiment de cette manière aboutir au bonheur après lequel il cours en allant d’innovation en innovation ?